Qu’est-ce que la consommation de substances ?

De nombreuses personnes consommeront des substances (p. ex., caféine, médicaments sur ordonnance, alcool, etc.) au cours de leur vie et n’auront jamais de problèmes. D’ailleurs, l’usage d’une substance ne devient problématique que lorsqu’elle commence à avoir des effets néfastes sur la vie d’une personne (difficultés à l’école ou à la maison, effets nuisibles sur la santé mentale ou physique, etc.).

Toutes les substances peuvent affecter le corps et le cerveau, que ce soit au moment de les consommer ou à long terme. Qui plus est, certaines substances comportent des risques plus élevés et sont plus dangereuses que d’autres. C’est pourquoi il est important de connaître tous les faits à propos d’une substance, y compris les risques associés, avant d’en consommer.

Voici quelques exemples de substances qui peuvent être utilisées :

  • tabac et nicotine (par l’entremise de cigarettes, cigarettes électroniques, narguilé ou pipe, etc.);
  • alcool;
  • cannabis (aussi appelé marijuana, herbe ou « shit »);
  • stimulants (p. ex., cocaïne, métamphétamine, etc.);
  • opiacés (p. ex., héroïne, oxy, etc.);
  • sédatifs (p. ex., médicaments sur ordonnance tels qu’Ativan, Valium, Xanax, etc.);
  • hallucinogènes (p. ex., LSD, champignons magiques, etc.);
  • inhalants (p. ex., colle, essence, etc.).

Pourquoi les gens consomment-ils des substances ?

Les gens consomment des substances pour une multitude de raisons. Certains vont le faire par curiosité, d’autres parce qu’ils sont influencés par leurs amis, leurs pairs ou par des membres de la famille.

Toutes les substances ont des effets psychotropes et certaines peuvent stimuler le cerveau à se « sentir bien », du moins temporairement. Pour certaines personnes, consommer des substances les aide à gérer des sentiments désagréables (p. ex., la tristesse, l’anxiété, la colère, etc.) ou un niveau de stress trop élevé.

Le cerveau des jeunes personnes continue de se développer jusqu’à la mi-vingtaine, ce qui signifie que la partie du cerveau responsable du « jugement » est encore en croissance et qu’un jeune pourrait avoir de la difficulté à percevoir quand une situation devient « exagérée » ou quand le moment est venu d’arrêter. Il pourrait également avoir de la difficulté à bien comprendre tous les risques associés à la consommation à long terme (p. ex., les effets sur les organes internes, les fonctions du cerveau, l’attention, la mémoire, etc.).

La consommation fréquente de substances peut causer un déséquilibre chimique au cerveau et dans le corps, faisant en sorte qu’arrêter de consommer devient difficile. Par exemple, de nombreuses drogues donnent aux gens une sensation de « bien-être » parce qu’elles incitent le cerveau à surproduire une hormone naturelle appelée dopamine. Manger, faire de l’exercice, méditer et écouter de la musique sont toutes des activités qui produisent de la dopamine et qui font qu’une personne ressent de l’euphorie, du bonheur et du plaisir. Quand le niveau de dopamine baisse (p. ex., lorsqu’on cesse de consommer ou quand le corps devient habitué à une drogue), ces sensations agréables disparaissent, en partie parce que la capacité du cerveau à produire de la dopamine naturellement est diminuée. Les personnes voudront consommer des substances à nouveau afin de revivre ces bonnes sensations ou pour ne pas avoir à gérer des sentiments désagréables (p. ex., la tristesse, l’anxiété, la colère, etc.).

Être aux prises avec la consommation de substances ou cesser de consommer complètement est loin d’être facile. Le terme « sevrage » fait référence aux symptômes physiques et psychologiques (la « chair de poule », entre autres) qui apparaissant chez une personne qui réduit considérablement ou cesse complètement sa consommation de substances. Ces signes et symptômes de manque peuvent aller d’un léger malaise (p.ex., un mal de tête) à un état de crise. Certains effets du sevrage peuvent même être fatals.

Quand la consommation de substances devient-elle problématique ?

« Dépendance » est un terme qui est habituellement utilisé pour décrire une situation où un comportement est devenu hors contrôle et parfois nuisible. Sa signification peut varier selon les personnes et les cultures. Dans le cas des risques et des dommages liés à la consommation de substances, nous préférons parler de « consommation de substances problématique » ou de « problème de consommation de substances », deux expressions qui décrivent la consommation d’une substance qui, au fil du temps, entraîne des effets négatifs (p. ex., effets nuisibles sur la santé physique, émotionnelle et sur la vie sociale).

L’un ou plusieurs des éléments ci-dessous peuvent indiquer un problème en matière de consommation de substances :

  • Le besoin de consommer une substance (le sentiment de devoir absolument en consommer).
  • Une perte de contrôle en ce qui concerne les quantités consommées ou la fréquence de cette consommation.
  • Une envie incontrôlable d’une substance.
  • La consommation d’une substance malgré les effets néfastes.

Les risques et les dommages associés à la consommation de substances peuvent varier de bénins à sérieux. Ils peuvent également varier en fonction de la substance en question. Ces torts peuvent comprendre :

  • S’absenter de l’école ou du travail à cause de sa consommation de substances;
  • Avoir essayé de réduire ou d’arrêter sans succès;
  • Avoir besoin d’une substance pour s’amuser;
  • Mentir à sa famille ou à ses amis au sujet de sa consommation excessive ou la cacher;
  • Être incapable de prendre un seul verre (dose, etc.) ou consommer de façon excessive (calage);
  • Développer une tolérance accrue à une substance (en avoir progressivement besoin de plus en plus pour obtenir le même effet);
  • Passer beaucoup de temps à planifier la façon d’obtenir et de consommer une substance;
  • Éviter les situations ou les activités où il n’y a pas de substances;
  • Avoir un comportement répétitif sous l’influence d’une substance qui pourrait être néfaste pour la personne qui consomme ou pour d’autres individus (p. ex., activités illégales, relations sexuelles non protégées, etc.).

Certains facteurs peuvent aider à éviter qu’un jeune développe des problèmes de consommation de substances. Ils comprennent :

  • Avoir un modèle ou un mentor positif, comme un parent, un tuteur, un enseignant ou un entraîneur.
  • Avoir des parents ou tuteurs qui sont présents, qui sont là pour lui.
  • Avoir un sentiment d’appartenance fort à sa famille, son école ou sa communauté.
  • Avoir des buts et des rêves.
  • Participer à des activités parascolaires, comme des clubs ou des sports d’équipe, ou faire du bénévolat.

Quels sont les risques associés à la consommation de substances ?

Il y a des risques physiques, émotionnels et sociaux reliés à la consommation de substances. Voici quelques exemples :

Dangers physiques

  • Une surdose peut causer des dommages graves et immédiats aux niveaux physique et mental, voire la mort.
  • L’alcool peut provoquer des lésions au foie.
  • L’injection de substances à l’aide de seringues souillées peut causer des infections telles que l’hépatite ou le VIH/SIDA.
  • La consommation de substances peut affecter le bébé d’une femme enceinte.
  • Les personnes qui se procurent des substances illégalement ne peuvent pas vraiment savoir ce qu’ils consomment. Certains mélanges de drogues et de produits chimiques s’avèrent dangereux.
  • Conduire avec les facultés affaiblies (alcool ou drogues) peut avoir des effets sur l’attention, le délai de réaction et la capacité à bien estimer les distances, ce qui peut augmenter le risque de décès ou de blessure (pour le chauffeur et autres personnes).
  • Les substances peuvent affecter la coordination, les sens, la mémoire et le jugement, ce qui peut mettre la vie d’une personne en danger (p. ex., déambuler sur la voie publique).

Dangers émotionnels

  • La consommation de substances peut t’empêcher de développer et d’utiliser de meilleures stratégies pour gérer les sentiments désagréables (p. ex., la tristesse, l’anxiété, la colère, etc.).
  • La consommation de substances peut parfois rendre des problèmes affectifs encore pires à long terme et peut augmenter le risque de développer des troubles mentaux (p. ex., dépression, psychoses, etc.).
  • À court terme, certaines substances peuvent causer de la confusion, de l’anxiété, de l’aliénation mentale, des troubles d’apprentissage ou des pertes de mémoire.

Dangers sociaux

  • La consommation de substances peut être une source de stress et de conflits dans les relations (avec, par exemple, ses parents, ses tuteurs, son conjoint, ses amis, ses professeurs, etc.).
  • La consommation peut aussi empêcher une personne de fonctionner adéquatement à l’école ou au travail.
  • Puisque certaines substances sont obtenues illégalement, la consommation de substances peut être associée à la violence et au crime.
  • Les condamnations liées aux substances peuvent entraîner une amende, une peine de prison et un casier judiciaire. Avoir un casier judiciaire peut avoir des répercussions sur tous délits futurs, ainsi que sur la possibilité de voyager librement et les perspectives d’emploi.

Si tu choisis de consommer des substances, il est important de connaître les faits. Si tu es préoccupé par ta consommation de substances ou par celle d’une autre personne, tu peux trouver du soutien dans ta région en utilisant l’outil Ressources autour de moi. Tu peux toujours appeler un intervenant de Jeunesse, J’écoute au 1-800-668-6868 si tu as des questions ou des préoccupations à propos de la consommation de substances.


Si vous voudriez en connaître davantage sur ce sujet, vous pouvez communiquer avec un intervenant par téléphone ou Clavardage en direct.

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