Prévenir une grossesse : contraceptifs et sexe sans risques

Si ton et tes partenaire(s) êtes en âge de procréer et qu’une grossesse est possible mais que vous ne désirez pas d’enfant maintenant, il est primordial de réfléchir à une méthode de contraception et aux relations sexuelles plus sécuritaires.

Tout au long de cet article, Jeunesse, J’écoute utilise les termes personnes assignées au sexe féminin à la naissance et personnes assignées au sexe masculin à la naissance pour désigner les personnes qui sont nées avec certains organes sexuels, hormones et/ou chromosomes. Toutefois, il est important de noter que les personnes peuvent avoir une identité de genre différente de celle qui leur a été attribuée à la naissance. De même, les personnes peuvent utiliser des mots différents pour désigner les parties de leur corps que ceux utilisés dans ce document. Jeunesse, J’écoute soutient toute personne dans l’utilisation des termes qui lui conviennent le mieux.

C’est quoi, les contraceptifs?

Les contraceptifs sont des moyens utilisés pour prévenir une grossesse. Il existe différents types de contraception, chacun présentant des avantages et des inconvénients.

Divers types de contraceptifs (p. ex., les condoms, le spermicide, etc.) sont disponibles en vente libre dans la plupart des pharmacies au Canada ainsi que dans les cliniques de santé sexuelle. D’autres nécessitent une ordonnance ou les services d’un médecin (p. ex., la pilule, un dispositif intra-utérin [DIU], une intervention chirurgicale, etc.). Pour qu’une méthode de contraception soit efficace, il faut en respecter les instructions autant que possible.

Les contraceptifs ne servent pas uniquement à prévenir la grossesse. Certains apportent d’autres avantages. Par exemple, certains moyens de contraception peuvent servir de protection contre les infections transmissibles sexuellement (ITS). D’autres peuvent diminuer les éruptions liées à l’acné, régulariser le cycle menstruel ou soulager les manifestations du syndrome prémenstruel (SPM).Cela étant dit, certains peuvent tout de même comporter des inconvénients, comme un risque accru d’accident vasculaire cérébral ou de cancer, en fonction de la méthode de contraception utilisée.

Tu peux toujours te renseigner davantage auprès d’un médecin, d’une infirmière ou d’une clinique de santé sexuelle. Ces ressources pourront également considérer tes besoins et t’aider à déterminer la meilleure méthode de contraception. Tu peux aussi parler avec ton ou tes partenaire(s) des façons de vous protéger.

Les genres de contraceptifs

Les méthodes de contraception offrent des options différentes et se regroupent en six catégories :

1. Contraception hormonale

Ce type de contraception implique l’utilisation d’hormones synthétiques (fabriquées) pour éviter une grossesse. Il en existe plusieurs, notamment :

  • Dispositif intra-utérin (DIU) : également appelé contraception intra-utérine (CIU), ce petit dispositif, en forme de T et inséré dans l’utérus par un médecin, offre une efficacité maximale. Il peut représenter une solution à long terme pour prévenir une grossesse. (Tu peux te renseigner auprès de ton médecin sur les différents DIU.)
  • Contraceptif oral : appelé également pilule contraceptive, il est pris par la bouche tous les jours.
  • Contraceptif injectable : connu aussi sous le nom d’injection contraceptive, ce contraceptif est administré par un médecin ou une infirmière tous les trois mois.
  • Timbre contraceptif : ce petit carré colle à la peau et doit être changé toutes les semaines.
  • Anneau vaginal : cet anneau en plastique, petit et souple, est inséré dans le vagin. On le remplace tous les mois.

La contraception hormonale est généralement prescrite par un médecin aux personnes assignées au sexe féminin à la naissance qui ont des menstruations. L’utilisation d’une méthode de contraception ne nécessite pas l’autorisation d’un parent ou d’un tuteur. Il faut absolument respecter à la lettre les recommandations quant à la prise du contraceptif. Sinon, il perd en efficacité.

La contraception hormonale est réversible, c’est-à-dire qu’en l’arrêtant, tu peux tomber enceinte. Comme elle n’offre aucune protection contre les ITS, il est recommandé d’avoir également recours à une autre forme de protection lors des relations sexuelles (p. ex., un condom, une digue dentaire, des gants, etc.).

Certaines personnes ont des effets secondaires suite à l’utilisation de contraception hormonale. Si tu as des questions à propos de l’utilisation, de l’efficacité ou des effets secondaires des contraceptifs, n’hésite pas à communiquer avec un médecin, une infirmière ou le personnel d’une clinique de santé sexuelle.

2. Condoms

Lors d’une relation sexuelle, le condom empêche le sperme d’entrer dans le vagin et crée ainsi une barrière physique. Le condom est la seule méthode de contraception qui peut aider à prévenir la grossesse et les ITS.

Le condom dit externe se met sur le pénis tandis que le condom interne se place dans le vagin. Les condoms sont disponibles en différents matériaux, textures et tailles. Tu peux les acheter en vente libre sans ordonnance et sans l’autorisation d’un parent ou d’un tuteur. Il est primordial de suivre les indications fournies avec les condoms. Dans le cas contraire, ils peuvent s’avérer moins efficaces.

Il est important de se souvenir qu’un condom pourrait à l’occasion se déplacer ou glisser, ou même éclater ou subir une perforation. Si cela se produit, tu peux envisager de prendre une contraception d’urgence peu après la relation sexuelle. Pour aider à réduire les risques de grossesse non planifiée, tu peux combiner le condom à une autre méthode de contraception (p. ex., la pilule, le spermicide, etc.).

3. Autres méthodes barrières

Au même titre que les condoms, d’autres méthodes barrières de contraception peuvent empêcher la fertilisation d’un ovule par un spermatozoïde lors d’une relation sexuelle pouvant engendrer une grossesse :

  • Spermicide : disponible en vente libre dans la plupart des pharmacies, il est vendu sous forme de crème, de mousse, de gel, en pellicule ou en suppositoire à appliquer dans le vagin. Il bloque l’entrée du col de l’utérus et contient un agent chimique qui endommage – et ainsi ralentit – les spermatozoïdes.
  • Éponge : il s’agit d’un petit morceau de mousse contenant un spermicide qui est disponible en vente libre dans la plupart des pharmacies. Insérée dans le vagin, l’éponge recouvre le col et crée ainsi une barrière physique qui empêche les spermatozoïdes de se rendre à l’ovule.
  • Diaphragme : cette membrane molle, souple et réutilisable bloque le passage du sperme au niveau du col. Elle nécessite une ordonnance du médecin et doit être combinée à un spermicide.
  • Cape cervicale : semblable au diaphragme, elle couvre également le col pour empêcher le sperme de passer. Vendue en pharmacie avec une ordonnance du médecin, elle doit être combinée à l’utilisation d’un spermicide.

Ces moyens de contraception sont moins efficaces que les condoms ou la contraception hormonale. Il est d’ailleurs préférable d’associer le spermicide, l’éponge, le diaphragme ou la cape cervicale à une autre méthode de contraception telle que la pilule ou le condom.

Étant donné que ces moyens de contraception ne protègent pas contre les ITS, il est recommandé d’avoir recours à une autre forme de protection lors de relations sexuelles (p. ex., un condom, une digue dentaire, des gants, etc.).

Tu peux te renseigner auprès d’un médecin, d’une infirmière ou du personnel d’une clinique de santé sexuelle pour valider quel contraceptif te convient le mieux et comment l’utiliser.

4. Retrait (coït interrompu)

Le retrait signifie que, lors d’une relation sexuelle, une personne assignée au sexe masculin à la naissance sort son pénis du vagin de sa partenaire (et ne touche plus ses parties génitales) juste avant l’éjaculation. Cette méthode de contraception est peu fiable puisqu’elle demande de se contrôler. La personne assignée au sexe masculin à la naissance ne peut empêcher le liquide pré-éjaculatoire (également appelé liquide préséminal),  qui peut contenir des spermatozoïdes, de s’écouler. Le retrait ne protège pas contre les ITS, de sorte qu’il est recommandé d’utiliser une autre forme de protection lors des relations sexuelles (p. ex., un condom, une digue dentaire, des gants, etc.).

5. Abstinence

En matière de contraception, l’abstinence consiste à éviter toute relation sexuelle pour éviter une grossesse non planifiée. Idéalement, il faut éviter que le liquide pré-éjaculatoire ou le sperme n’entre en contact avec la vulve et les autres parties génitales. Seule cette méthode de contraception est efficace à 100 %.

6. Chirurgie

Pour éviter de tomber enceinte, on peut avoir recours à la chirurgie. Les personnes qui se tournent vers un tel moyen sont généralement sûres de ne plus vouloir d’enfant et ne veulent plus avoir à se préoccuper de la contraception. Deux options s’offrent alors :

  • Ligature et occlusion des trompes : la ligature est une opération destinée aux personnes assignées au sexe féminin à la naissance  qui peuvent tomber enceintes. L’intervention consiste à bloquer les trompes de Fallope afin d’empêcher l’ovule de se rendre à l’utérus, et ce, de façon permanente. L’autre opération possible est l’occlusion des trompes. Lors de l’intervention, un micro-implant est placé dans chacune des trompes pour bloquer les ovules. Il s’agit également d’un moyen permanent de contraception.
  • Vasectomie : cette intervention, destinée aux personnes assignées au sexe masculin à la naissance qui libèrent du sperme, consiste à enlever ou bloquer le canal déférent (soit le tube transportant le sperme vers le pénis) afin qu’aucun spermatozoïde ne soit libéré. Généralement, ce type de chirurgie est réversible.

La chirurgie ne permet pas d’être protégé contre les ITS. Il est donc recommandé d’avoir recours à une autre forme de protection lors de relations sexuelles (p. ex., un condom, une digue dentaire, des gants, etc.).

Chaque méthode de contraception comporte des avantages et des inconvénients. Si tu as besoin de soutien ou si tu as des questions sur les contraceptifs ou le sexe sécuritaire, tu peux en parler à un médecin, à une infirmière, à un intervenant de Jeunesse, J’écoute ou au personnel d’une clinique de santé sexuelle.


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