Chemin vers l’espoir : l’histoire d’Alicia Raimundo

Alicia Raimundo est une personnalité d’influence à Jeunesse, J’écoute, militant pour la santé mentale et qui se passionne pour les jeux vidéo. Alicia partage ici son périple vers l’espoir et les défis surmontés en chemin.

Avant de lire le présent document, nous désirons t’informer que cette histoire traite de sujets sérieux – notamment des détails concernant des idées et des gestes suicidaires – qui pourraient être troublants. Nous sommes là si tu as besoin de nous! Tu peux contacter Jeunesse, J’écoute 24 heures par jour, 7 jours par semaine, pour obtenir du soutien par messagerie texte, téléphone ou par l’entremise de notre service Clavardage en direct.

Alicia utilise les pronoms de genre neutre tels que « they » et « them » en anglais.

PARTIE UN : LE NUAGE SOMBRE

Vivre à Vancouver, en Colombie-Britannique

« Je suis originaire de Toronto, mais j’habite maintenant Vancouver. J’adore la proximité entre la ville et tant de nature superbe. »

Le secteur de la santé mentale

« Je travaille dans le secteur de la santé mentale. J’aide à créer de la programmation en ligne pour que les jeunes puissent obtenir l’aide dont ils ont besoin, là où ils en ont besoin. »

Décris-toi en un seul mot

« Je pense que le mot serait « résilience », mais je me disais que je pourrais aussi dire « comme personne d’autre » ou « bizarre »… haha! »

Le stress, la pression et le sentiment de ne pas trouver sa place

« Je ne me souviens pas d’un moment où j’ai eu l’impression d’être, entre guillemets, ordinaire. Dans tous mes souvenirs les plus lointains je remarque que je ne me sens pas comme les autres, sans vraiment comprendre pourquoi. Essayer de trouver ma place avec les autres enfants m’a causé beaucoup de stress quand j’étais jeune. Je ressentais aussi beaucoup de pression de tirer le maximum de cette vie que mes parents et ma communauté travaillaient si fort à m’offrir. »

Un sentiment de paralysie

« Je ne sentais pas que j’avais l’énergie de faire quoi que ce soit avec cette vie. Il y avait plusieurs choses que je voulais faire. Et je me sentais, on aurait dit, incapable de m’y mettre. Je voulais exceller à l’école. Je voulais exceller dans les sports. Je voulais m’entraîner et être cette personne parfaite, intelligente et en forme. Mais je paralysais dès que je sortais du lit. »

Le nuage sombre

« Dans ma culture on ne parle pas de nos sentiments de tristesse ou d’anxiété. Il n’y a pas de place pour ça. Je me souviens d’avoir pataugé dans ce nuage sombre de tristesse – même lors des événements joyeux – sans comprendre pourquoi. Je ressentais le besoin de cacher ces sentiments parce que tout le monde autour de moi parlait de la chance que j’avais eue, et à quel point ma vie était merveilleuse. Et ç’a fini par être très difficile et très lourd à porter. »

Parler de santé mentale

« J’ai cherché sur Google comment je me sentais pour essayer de comprendre comment s’appelait ce truc et comment y faire face. J’ai essayé de parler à mon père, qui m’a dit de parler à ma mère. Et quand j’ai essayé de parler à ma mère, elle a voulu régler tous mes problèmes en me lançant plein de solutions qui ne me convenaient pas. J’ai vraiment eu le sentiment de ne pas avoir le droit de parler de santé mentale. »

PARTIE DEUX : LA GOUTTE QUI FAIT DÉBORDER LE VASE

Les déclencheurs

« Et c’est un peu ce qui a déclenché mes idées suicidaires. Mon cerveau était en train de me laisser tomber et c’était terrifiant. J’avais l’impression que le monde serait meilleur sans moi – que j’étais un fardeau pour toutes les personnes de mon entourage. J’ai eu ces sentiments pendant environ un an avant d’avoir envie d’en parler à quelqu’un d’autre. J’avais l’impression que mes parents ne comprenaient pas ce qui se passait, mais peut-être qu’un professeur ou quelqu’un d’autre serait en mesure de m’aider. »

Tendre la main

« Quand j’étais en secondaire 2, j’ai demandé à une professeure de lui parler après les cours. Je me souviens d’avoir ressenti un mélange de légèreté et d’espoir ce jour-là. Même si mes problèmes faisaient facilement peur à mes parents, je me disais que ce serait différent avec un professeur, parce qu’ils avaient aidé tellement d’autres élèves. Tout ce dont je me souviens par la suite c’est d’avoir entendu cette professeure dire à quelqu’un – juste comme j’arrivais pour la voir – « Il faut maintenant que j’aille parler à une personne qui est un peu folle. »

La dernière goutte

« Quand je l’ai entendue dire le mot « folle », j’ai conclu que j’étais un échec. C’est la goutte qui a fait déborder le vase. Je ne pouvais plus continuer à faire semblant. Alors j’ai fait mon chemin à la maison et j’ai essayé de me suicider. Vous savez, lorsque j’ai repris conscience à l’hôpital le lendemain, j’avais un sentiment de bien-être que ça ait fini comme ça, et qu’on m’ait donné une deuxième chance. C’était certainement épeurant de me réveiller à l’hôpital, mais aussi frustrant, parce que tu penses que tu as réglé le problème – que tu ne seras plus là – mais là tu te réveilles ailleurs. »

PARTIE TROIS : LE MOMENT CRUCIAL

On s’accroche

« Rien de ce qui se passait à l’hôpital ne me semblait réel jusqu’à ce que je rencontre une femme plus âgée qui y était hospitalisée. Elle est venue me voir et elle m’a dit : « D’une personne folle à une autre, tu vas avoir besoin de ça », et elle a mis un objet froid et argenté dans ma main. Quand elle s’est éloignée, j’ai déplié mes doigts et j’ai vu qu’elle m’avait donné un collier avec le mot « Espoir » dessus. Ce moment a été très spécial – j’ai vraiment eu l’impression qu’on avait vu qui j’étais. Qu’elle me demande de m’accrocher avait un sens complètement différent que si un tel message était venu de gens qui n’avaient pas de problèmes de santé mentale. Elle a vu que j’avais besoin d’un signe et elle m’en a donné un, même si elle n’allait pas bien. J’ai senti que nous étions là-dedans ensemble. »

Quand l’espoir pousse à agir

« Donc, ce qui a un peu lancé mon périple de guérison a été cette notion d’espoir, les choses que je voulais accomplir et les raisons pour lesquelles je voulais vivre. J’ai choisi une chose qui me guidait depuis un moment – voir ma petite sœur finir ses études secondaires – et plusieurs autres trucs. C’était vraiment plaisant de voir toutes ces choses être source d’espoir, surtout quand je ne ressentais que de la fatigue, fatigue de me cacher, fatigue de chercher des services en santé mentale. »

Obtenir du soutien

« Après avoir obtenu mon congé de l’hôpital, il a fallu environ sept ans avant que mon nom aboutisse sur une liste d’attente de services en santé mentale appropriés. En partie, ça venait du fait que j’avais immigré au Canada et ne savais donc pas vraiment comment le système de santé fonctionne. Ça venait aussi du manque de ressources en santé mentale dans ma communauté. Donc, c’est vraiment bien d’avoir un service comme Jeunesse, J’écoute pour les jeunes qui ne se sentent pas confortables ou épaulés pour avoir accès aux ressources, ou pour les gens qui ont des services limités dans leur région. »

Si tu es aux prises avec un problème – peu importe l’ampleur – tu peux toujours demander de l’aide. Jeunesse, J’écoute est là 24 heures par jour, 7 jours par semaine, et nos intervenants peuvent être joints par messagerie texte, téléphone ou notre service Clavardage en direct. Nous sommes toujours là pour toi, d’un océan à l’autre. 

Jeunesse, J’écoute aimerait remercier Alicia Raimundo d’avoir partagé son histoire avec les jeunes de partout au Canada!

Ce récit est une traduction de la version originale en anglais.


Si vous voudriez en connaître davantage sur ce sujet, vous pouvez communiquer avec un intervenant par téléphone ou Clavardage en direct.