Abus familial : obtenir de l’aide et rester en sécurité

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Si tu vis dans un contexte d’abus, tu n’es pas seul·e — de l’aide est offerte. Les services d’urgence ou communautaires ainsi que les services de protection de l’enfance sont accessibles partout au Canada, et un service mobile d’intervention en situation de crise est offert dans certaines régions. Quoi qu’il en soit, ta sécurité est une priorité.

Un visuel de la campagne Libère tes émotions où Jeunesse, J’écoute apparaît après la phrase : « Mon frère m’a fait du mal. »

Besoin de te confier?

Qu’il s’agisse de tes amitiés, de conflits, de ta famille, de ton avenir ou de tout autre sujet, tu peux obtenir de l’aide gratuite et confidentielle, 24 h/24, 7 j/7, auprès de JJE : 

Appelle au 1-800-668-6868 
Envoie un texto au 686868

Vivre dans un contexte d’abus, c’est très difficile. Les enfants et les adolescent·e·s qui vivent dans une situation d’abus subissent beaucoup de stress au quotidien. Il·elle·s peuvent se sentir pris·e·s au piège ou avoir l’impression qu’il·elle·s n’ont nulle part où aller. Il·elle·s ne savent peut-être pas à qui faire confiance.

Si les choses sont difficiles à la maison depuis longtemps, tu t’y es peut-être habitué·e. Les abus peuvent te sembler presque normaux, au point qu’il peut même être difficile de les reconnaître comme des abus. Ça peut être une façon de composer avec la situation : si tu acceptes les abus comme quelque chose de normal, ça devient moins bouleversant. Mais au fond, tu sais que ce qui se passe n’est pas juste.

Les jeunes qui vivent avec la violence au sein de leur famille éprouvent souvent les sentiments suivants :
  • tristesse;
  • culpabilité;
  • peur;
  • colère;
  • honte;
  • confusion;
  • désespoir;
  • impuissance;
  • trahison;
  • rejet;
  • dévalorisation.

Des façons malsaines de composer avec les abus

Ne pas recevoir l’amour ou l’attention que tu mérites peut changer ta façon de penser. Certain·e·s jeunes adoptent des façons de composer avec la situation qui risquent de leur causer du tort, comme l’automutilation ou la consommation de drogues et d’alcool. Ces moyens peuvent te soulager sur le coup, mais au bout du compte, tu risques de te sentir plus mal. Les stratégies d’adaptation malsaines peuvent masquer tes émotions sans t’aider à résoudre le problème.

Les abus ne sont JAMAIS de ta faute

Il est important de comprendre que ce qui se passe à la maison n’est pas de ta faute. Si ça peut t’aider, écris-le sur un bout de papier et place ce message à un endroit où tu le verras tous les jours. Essaie de ne pas te blâmer pour ce qui se passe. Même si on te dit que les abus sont une « punition » pour quelque chose que tu aurais « mal » fait, tu ne mérites pas ça. Personne ne mérite de subir des abus ou de la négligence.

Parle avec quelqu’un

Tu ne peux pas contrôler les événements au sein de ta famille, mais tu peux choisir comment tu y réagis. Une option est d’en parler à quelqu’un. Tu as peut-être l’impression que c’est impossible, surtout si tu as peur que ça ne fasse qu’empirer les choses, mais voici ce que tu peux envisager de faire :

  • Va chercher de l’aide : tu ne peux pas toujours surmonter les abus par toi-même. Tu auras peut-être besoin d’aide pour créer une situation plus sécuritaire ou y accéder. 
  • Parles-en : envisage d’en parler à une personne en qui tu as confiance (qui ne participe pas aux abus). Tu peux aussi appeler Jeunesse, J’écoute pour parler à un·e intervenant·e de façon confidentielle et anonyme (sans nous dire ton nom), ou envoyer un texto à un·e répondant·e aux crises bénévole, en toute confidentialité. Si tu le souhaites, nous pouvons t’aider à joindre les services d’urgence ou communautaires de ta région, ou les services de protection de l’enfance. 
  • Prépare-toi : la personne à qui tu te confies devrait te prendre au sérieux et vouloir t’aider tout de suite. Si elle ne veut pas intervenir, tu devras peut-être en parler à quelqu’un d’autre. N’attends pas que les choses s’arrangent d’elles-mêmes. 

Pas encore prêt·e à en parler?

Les jeunes qui vivent dans un contexte d’abus se sentent souvent partagé·e·s et confus·e·s. Il·elle·s savent que ce qui se passe n’est pas juste, mais il·elle·s ne se sentent pas prêt·e·s à en parler à quelqu’un. 

Parfois, les jeunes ne veulent pas parler des abus parce qu’il·elle·s se sentent coupables. Il·elle·s peuvent avoir l’impression de trahir leurs parents, leurs frères et sœurs ou tuteur·rice·s en demandant de l’aide. Il·elle·s peuvent également s’inquiéter de questions pratiques, comme la possibilité d’être séparé·e·s de leurs frères et sœurs ou, dans certains cas, d’être expulsé·e·s du pays. 

Il faut beaucoup de courage pour parler des abus, alors prends le temps qu’il te faut. Jusqu’à ce que tu sois prêt·e à en parler, voici quelques choses que tu peux faire pour rester en sécurité et préparer la prochaine étape : 

  • élabore un plan de sécurité
  • adopte des passe-temps; 
  • établis et développe un réseau de soutien
  • crée des liens avec des personnes auprès de qui tu te sens plus en sécurité. 

Assurer ta sécurité autant que possible

Il est important d’accorder la priorité à ta sécurité, même si tu as déjà parlé des abus à quelqu’un et que tu reçois de l’aide. Tu devras peut-être éviter certains membres de ta famille ou communiquer avec les services d’urgence de ta région si tu sens que tu es en danger. 

Il est aussi important de veiller à ta sécurité émotionnelle. Ça peut signifier ne pas t’exposer à des situations qui te rendent mal à l’aise ou encore te tenir loin d’ami·e·s qui ne t’aident pas. C’est une bonne idée de faire un plan pour ta propre sécurité

Si tu as besoin de plus de soutien, tu peux communiquer avec Jeunesse, J’écoute pour obtenir des stratégies afin de trouver des espaces plus sûrs ou des personnes auprès de qui tu te sens plus en sécurité. 

Appeler la police ou les services de protection de l’enfance

Si tu subis des blessures à la maison, le moment est peut-être venu d’appeler les services d’urgence ou les services communautaires de ta région, ou encore les services de protection de l’enfance. 

Si l’idée de faire cet appel t’inquiète, il peut être utile qu’un·e ami·e ou un·e adulte de confiance soit avec toi à ce moment-là. Tu peux aussi communiquer avec Jeunesse, J’écoute et demander de l’aide. La personne à qui tu parles peut faire l’appel à ta place ou t’accompagner pendant que tu le fais.

Appeler la police

La façon la plus rapide de joindre la police est de composer le 911. Pendant que tu es au bout du fil, les choses suivantes peuvent se produire :

  1. Le·la répartiteur·rice va demander si tu veux joindre la police, les pompiers ou les services ambulanciers. Dis que tu as besoin de la police.
  2. Le·la répartiteur·rice va te demander ton nom, ton adresse et ton numéro de téléphone.
  3. On pourrait aussi te demander ton âge.
  4. On va te demander d’expliquer brièvement ce qui se passe. Par exemple, si tu subis des blessures ou si c’est le cas d’un·e membre de ta famille, dis-le. Ne raccroche pas.

Appeler les services de protection de l’enfance

Les services de protection de l’enfance viennent en aide aux jeunes qui vivent dans un contexte de violence familiale. C’est une bonne idée de les appeler si tu t’inquiètes pour toi-même ou pour d’autres jeunes à la maison. Pour trouver le numéro des services de protection de l’enfance de ta région, fais une recherche avec le terme « protection de l’enfance » sur Ressources Autour de Moi. En cas d’urgence (p. ex., si quelqu’un est en train de subir des blessures), appelle le 911 ou les services d’urgence de ta région.

Ces services de protection de l’enfance peuvent aussi porter les noms suivants :

  • Société de l’aide à l’enfance (SAE) 
  • protection de la jeunesse 
  • services à l’enfance et à la famille 
  • services sociaux 

Devrais-je appeler les services de protection de l’enfance?

Si tu vis de la violence ou de la négligence à la maison, tu peux appeler les services de protection de l’enfance. Même si tu n’es pas sûr·e que ce soit de la violence ou de la négligence, tu peux appeler les services de protection de l’enfance pour obtenir des conseils. Tu peux aussi leur téléphoner si tu connais quelqu’un qui vit une situation de violence ou de négligence.

Voici ce à quoi tu peux t’attendre lors de ton appel :
  • La première personne à laquelle tu parleras sera probablement un·e préposé·e à l’accueil. Cette personne va te demander de lui expliquer la situation afin de mieux comprendre ce qui se passe. Il se pourrait qu’on te demande de donner ton nom et d’autres informations d’identification, mais tu n’es pas obligé·e de le faire si tu n’en as pas envie. Cependant, il est possible que l’agence de protection de l’enfance ait un afficheur. 
  • Le·la préposé·e à l’accueil parlera un peu avec toi pour décider quoi faire. S’il·elle pense que tu es en danger immédiat, un·e agent·e de la protection de l’enfance pourrait venir tout de suite. Il est aussi possible que le·la préposé·e envoie les services d’urgence de ta région. 
  • Si tu n’es pas en danger immédiat, le·la préposé·e à l’accueil pourrait décider de faire un plan pour te rencontrer plus tard. Il se peut qu’il y ait une enquête. Tes parents ou tuteur·rice·s, des membres de ta famille, tes enseignant·e·s, ton médecin ou d’autres personnes significatives de ton entourage pourraient être questionné·e·s. Tu peux demander qu’on ne dise pas à d’autres personnes que c’est toi qui as appelé. Si tu as besoin de soins médicaux, le·la préposé·e à l’accueil veillera à ce que tu les obtiennes. Il se peut que la police intervienne. 
  • Les services de protection de l’enfance vont tenter de te fournir le soutien nécessaire pour assurer ta sécurité. Si cela est sécuritaire, ça signifie que tu pourrais rester à la maison avec ta famille pendant que ta famille reçoit du soutien (comme dans le cas d’une intervention). Il est possible qu’un·e agent·e de la protection de l’enfance intervienne avec ta famille pendant un certain temps et qu’il·elle fasse des visites régulières pour voir comment va ta famille et pour vérifier que tu es en sécurité. 
  • Si ce n’est pas sécuritaire pour toi de rester à la maison, il se peut que tu sois placé·e ailleurs, comme chez un·e membre de la famille élargie, dans un centre d’hébergement ou dans une famille d’accueil.

Appeler les services de protection de l’enfance de façon anonyme

C’est possible d’appeler les services de protection de l’enfance de façon anonyme pour obtenir des conseils ou de l’information. Tu as peut-être envie de rester anonyme si tu ne te sens pas encore prêt·e à signaler un abus ou si tu veux simplement savoir ce qui pourrait arriver si tu faisais un signalement. 

Si tu appelles de façon anonyme, il se peut que le·la préposé·e à l’accueil te demande des informations comme ton nom, ton adresse ou l’école que tu fréquentes. Il est possible qu’il·elle te dise que tu devrais lui fournir ces informations. Si tu le fais et qu’il·elle pense qu’il y a une situation d’abus chez toi, il·elle doit intervenir. C’est vrai même si tu parles d’une situation comme si elle était hypothétique. (Par exemple : « si les parents d’untel ont fait telle chose, est-ce de la violence ou un abus familial? ») 

Il est possible que l’agence de protection de l’enfance ait un afficheur. Donc, même si tu décides de ne pas donner ton nom, il se peut que le·la préposé·e décide de lancer une enquête. 

Au cours de ton appel anonyme, essaie de faire ce qui te semble juste. Si tu ne veux pas que les services de protection de l’enfance interviennent tout de suite, tu peux dire « non » et ne pas leur fournir d’informations.

Et si je veux continuer de vivre chez moi?

Les agent·e·s de la protection de l’enfance comprennent que de nombreux·ses enfants et adolescent·e·s veulent rester à la maison, même s’il·elle·s vivent des abus ou de la négligence. Il·elle·s font de leur mieux pour que les jeunes puissent rester à la maison chaque fois que c’est possible. Un·e agent·e de la protection de l’enfance peut t’amener à vivre ailleurs seulement s’il·elle croit qu’il n’est pas sécuritaire pour toi de rester à la maison. Il·elle doit expliquer sa décision à un·e juge, et tu as le droit de consulter un·e avocat·e pour faire entendre ta voix.

Si j’appelle pour obtenir du soutien, est-ce que mes parents ou tuteur·rice·s vont être mis·e·s au courant?

Tes parents ou tuteur·rice·s apprendront que quelqu’un a appelé les services de protection de l’enfance si un·e agent·e de la protection de l’enfance est saisi·e du dossier. Cette personne ne révélera pas nécessairement qui a fait l’appel, surtout si tu lui demandes de ne pas le faire. S’il est important pour toi que tes parents ou tuteur·rice·s ne l’apprennent pas, demande à la personne qui reçoit ton appel de ne pas t’identifier. Si le dossier est porté devant le tribunal, ta confidentialité ne pourra pas être assurée.

Et ensuite?

Une fois que tu auras parlé à quelqu’un de ce qui se passe, notamment si tu vis des abus au sein de ta famille, il est possible que les choses ne s’améliorent pas tout de suite à la maison. Tu auras besoin de temps pour t’adapter à la situation, selon ce qui aura été décidé et selon les personnes qui participeront au processus. Essaie de prendre les choses un jour à la fois et rappelle-toi pourquoi tu as décidé d’en parler.

Prendre soin de toi

Il est important de prendre soin de toi, surtout lorsqu’il se passe beaucoup de choses dans ta vie. Tu peux découvrir des façons de prendre soin de toi dans les ressources et les outils ci-dessous :

Si tu as de la difficulté à gérer tes émotions ou si tu as simplement besoin de parler, tu peux toujours appeler Jeunesse, J’écoute au 1 800 668-6868 ou envoyer un texto au 686868. Tu peux aussi communiquer avec une autre personne de confiance : un·e membre de ta famille, un·e membre de ta communauté, un·e Aîné·e, un·e ami·e ou toute autre personne avec qui tu te sens à l’aise. Tu n’as pas à traverser cela seul·e, et tu n’es pas seul·e.

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