#MaPremièreFierté… Comment ça se passe, dans le fond? Une entrevue avec Shannon, intervenante

Dès le mois de juin, partout au pays des défilés et autres activités ont lieu pour souligner la Fierté gaie. Pour l’occasion, nous avons jasé avec Shannon, intervenante chez Jeunesse, J’écoute, pour mieux comprendre à quoi peuvent être confrontés des jeunes qui participent pour la première fois à ces célébrations. Entre leurs défis, leurs questions et leurs conversations sur le sujet avec les amis, la famille et les alliés, apprenons en plus sur leur réalité.

Quelle est la question qui revient le plus souvent chez les jeunes concernant une première participation aux activités entourant la Fierté ?

La question que je me fais poser le plus souvent c’est « et si je tombais sur un proche qui n’est pas encore au courant que je suis LGBTQ ?»

En général, je réponds par une question : « comment penses-tu que tu te sentirais si quelqu’un de ton entourage l’apprenait en te voyant à ces événements ?

Une bonne façon pour nos jeunes de répondre est de se poser les questions suivantes :

  • •    Est-ce le bon moment pour faire mon coming-out ?
  • •    Est-ce que je dirais à cette personne que je suis LGBTQ si je ne participais pas à l’événement ?
  • •    Pourquoi est-ce que je n’ai pas encore dit à cette personne que je suis LGBTQ ?
  • •    Quelle pourrait être la réaction de cette personne ?

Est-ce que c’est déjà arrivé qu’un ou une jeune qui n’a pas encore fait son coming-out dise qu’il ou elle souhaite participer au défilé de la Fierté ?  

Oui, plus d’une fois. Et j’ai constaté que quand une jeune personne qui n’est pas encore sortie du placard pose cette question, ça va plus loin que juste la participation à l’événement : souvent c’est qu’il ou elle ne se sent pas prêt à le faire ou a peur de la réaction des autres.

Dans le fond, ce jeune ou cette  jeune n’a pas vraiment besoin que nous on lui dise oui, c’est correct d’y aller ou non ce n’est pas correct – en parlant, c’est lui ou elle qui va trouver au fond de lui la réponse qui lui convient.

La meilleure chose à faire pour une jeune personne c’est de prendre le temps d’en parler avec un ami, un membre de sa famille, un intervenant chez Jeunesse, J’écoute - bref, quelqu’un à qui il peut s’ouvrir et se confier librement.

Comment est abordée la question des relations amoureuses LGBTQ lors de la consultation ?

Exactement de la même façon que les relations chez les jeunes hétérosexuels. Parmi les points plus spécifiques auxquels ces jeunes sont confrontés en lien avec la Fierté, je pourrais citer :

  • •    Tu n’as pas encore fait ton coming-out, mais ton ou ta partenaire l’a déjà fait. Êtes-vous prêts à être vus en public lors des festivités de la Fierté ? Serais-tu à l’aise à ce que des gens que tu connais te voient aux événements ?
  • •    Toi tu as fait ton coming-out et ton ou ta partenaire ne l’a pas encore fait. Quelle sera votre attitude en public vis-à-vis l’un de l’autre ? Serais-tu à l’aide à garder votre relation secrète ?

Chaque personne est unique, chaque relation est différente; il n’y a donc pas de réponse unique qui marcherait pour tous. C’est très important que chaque jeune prenne le temps d’en discuter ouvertement avec son ou sa partenaire afin de bien comprendre la position et les sentiments de l’autre.

Que devrait faire un jeune face à un groupe de manifestants lors d’une activité de la Fierté ?

La première chose à toujours se rappeler c’est que dans ce genre d’événement, il y a un bel élan de soutien et de solidarité envers les personnes LGBTQ, pour qui elles sont en tant que personnes et pour leur orientation sexuelle. Toutefois, face à des manifestants envahissants, voici ce que peuvent faire les jeunes :

  • •    Faire savoir clairement que vous vous sentez harcelé(e). Il y aura certainement autour des personnes qui pourront aider.
  • •    Ignorer les intimidateurs
  • •    Si nécessaire, faire appel à la police

Que peut faire une personne dont la famille n’accepte pas le fait qu’elle soit LGBTQ et qui souhaite malgré tout participer au défilé de la Fierté ?

Le comportement à adopter dépend vraiment de chaque situation, chaque contexte. Voici quelques questions qui peuvent aider à y voir plus clair :

  • •    Jusqu’à quel point est-ce que le soutien ou le manque de soutien se fait sentir à la maison?
  • •    Est-ce qu’il y a un parent plus ouvert que l’autre ? Est-ce qu’il y a des chances que le parent moins tolérant finisse par accepter la réalité ?
  • •    Est-ce que le moment est bien choisi ?

Il faut aussi prendre le temps de réfléchir aux questions d’hébergement, à la situation financière et aux membres de la famille (proches ou éloignés) sur qui on peut compter.

Comment devrait réagir un jeune s’il se fait « cruiser » lors d’un événement ?  

Le consentement est primordial. Les jeunes doivent prendre le temps de se demander: « est-ce que c’est ce que je veux ?” Et c’est bien correct si, au final, la réponse est « non merci ».

Si le jeune se sent à l’aise et donne son consentement, il doit se rappeler qu’il a aussi le droit de changer d’avis et de le retirer à n’importe quel moment. Dire « oui » ne signifie pas être d’accord pour toujours.

Pourquoi est-ce important pour les jeunes LGBTQ de participer à la Fierté pour une première fois ?

Le mot dit tout: Fierté - et c’est vraiment cela le but. Démontrer sa fierté!! Être fier de qui l’on est, de notre orientation sexuelle. Mais n’oublions pas : on le fait à notre rythme et selon nos propres termes !

 

Pour en savoir plus sur ce sujet, n’hésite pas à en parler ou communique avec un intervenant.